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Le protestantisme

Le Temple d'Anduze

La Réforme venue de Genève par des marchands suivis par des pasteurs s'est implantée très tôt dans les Cévennes, et particulièrement à Anduze où une église fut "érigée" en 1560, du fait de la conversion de la plupart des habitants. Après de nombreux troubles dus aux guerres de religion une certaine paix fut rendue possible par l'Edit de Nantes promulgué par Henri IV en 1598. Mais son assassinat relança les hostilités, et progressivement le Languedoc devint la dernière province protestante, et les Cévennes le dernier réduit.
Dans les années 1620, le duc de Rohan, général en chef des protestants, choisit Anduze pour être son quartier généra.
Ce qui fit de cette petite ville un centre militaire important, avec tout ce que cela représente de charges et de tourmentes. D’importants remparts furent construits puis détruits au gré des victoires ou des défaites, endettant les habitants pour de nombreuses années. Finalement les protestants durent céder à Louis XIII et Richelieu, par la « Paix d’Alais » en 1629, signant ainsi la fin du rôle politique des protestants et le début d’une longue répression.
Les remparts d’Anduze durent être détruits par ses propres habitants, la peste s’en mêla, la mort et la misère régnèrent sur tout le pays.

 

 

LA REVOCATION


L'assemblée des Protestants de Nîmes dans le Désert
Assemblée des protestants à Nîmes
dans le désert (eau-forte - 1786)

Sous le règne absolu de Louis XIV l’intolérance religieuse fut totale, et la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685 entraina la conversion forcée des habitants, sous la férule des dragons du roi qui se livraient à de féroces « dragonnades » (brutalités, incendies, pendaisons, envoi des hommes aux galères, viols et emprisonnement des femmes). Les Temples protestants furent détruits, mais les « réformés » continuèrent cependant à s’assembler « au Désert » (lieux cachés, isolés) malgré les interdictions et le danger, pour pratiquer clandestinement leur culte.

 

LA REVOLTE DES CAMISARDS

La persécution religieuse s’accentuant, l’un de ses principaux agents, l’abbé du Chayla, fut assassiné en 1702 par une poignée de révoltés menée par Abraham Mazel. La rébellion se développa et connut d’importants succès mais finit par être militairement écrasée en 1704 lors de la disparition des deux principaux chefs camisards (Jean Cavalier signe sa reddition en Mai et Pierre Laporte dit Rolland est tué en Août). Elle ne continuera que de façon sporadique jusqu’en 1710.
Voir à ce sujet le Musée du Désert à Mialet, aménagé dans la maison natale de Rolland, magnifique lieu de mémoire pour cette douloureuse période qui marque encore les esprits.

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Musée du Désert à Mialet

 

ENFIN LA TOLERANCE…

L'apaisement vint enfin par la signature de l'Edit de Tolérance (1787), qui donna aux protestants des droits civils et religieux, et par la publication de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (1789). Le Pasteur Rabaut Saint-Etienne, dans le cadre de la Constituante, fut le principal auteur de l'article concernant la Liberté de Culte. Les « articles organiques » joints au Concordat de 1802 par Napoléon Bonaparte permirent aux églises protestantes de se réorganiser et de construire des Temples. Celui d'Anduze fut érigé en 1823.


LE MUSEE DU DESERT

cavalierLe Musée du Désert, qui s’est constitué autour de la maison de Rolland (l’un des Chefs Camisards), retrace un siècle de l’histoire du Protestantisme français, de la Révocation de l’Edit de Nantes (1685) à l’Edit de Tolérance en 1787.

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