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Les Gardons

Le Gardon d'Anduze

Les eaux vives des Gardons, limpides, sont douces et agréables au baigneur en été, attirantes pour le pêcheur de truite ou d’ombre, la « rabanenque » du vieux cévenol. On pourra voir aussi de loin s’y intéresser quelque héron cendré.

Le Gardon, c’est le nom propre à la plupart des rivières qui descendent des vallées cévenoles et se réunissent successivement pour finir par former le « Gard », affluent du Rhône après son passage sous le célèbre aqueduc romain, le Pont du Gard. C’est ainsi que le Gardon d’Anduze résulte de la jonction en un site charmant, le « mescladou, peu distant de la fameuse bambouseraie, du gardon de Saint-Jean grossi de celui de Lasalle avec le gardon de Mialet lui-même grossi de celui de Saint Germain.

Ils descendent des confins du Mont Aigoual et du Causse, de la Lozère, par des pittoresques vallées et gorges de schiste et de granit. De place en place un barrage rustique, sa cascade et son plan d’eau, irrigue par un « béal » ici une prairie ou là, jadis, faisait tourner la roue à aubes d’un moulin.
Notre gardon, pour quitter le pays du châtaignier, doit ensuite traverser l’impressionnante falaise, souvenir géologique de « la grande faille des Cévennes » d’ère tertiaire, par une cluse profonde entre les hauteurs jurassiques de Peyremale et de Saint Julien. Aux pieds des rochers baignés par la rivière, c’est le « Portail du Pas » des anduziens, seul passage aisé entre la plaine et la montagne et par suite, depuis la Préhistoire, raison d’être stratégique de la place d’Anduze. Le Pont métallique qui le franchit depuis 1909, portant la voie ferrée vers Saint Jean du Gard offre au touriste l’un des beaux points de vue du « Train à Vapeur des Cévennes ».
A partir de là, en contre bas des « quais », face à la ville, le gardon s’écoule sur une large grève de galets et est aménagé tous les étés en un large plan d’eau, pour la baignade. Long de 500 mètres jusqu’au pont routier dont les arches en pierre de taille, qui datent de 1774, ont résisté depuis aux plus fortes crues. En effet, si quelques semaines de sécheresse au printemps font baisser le niveau des gardons, un ou deux jours de gros orages en automne (les épisodes vévenols) peuvent transformer les Gardons en torrents tumultueux qui débordent de leur lit. Ils peuvent ainsi drainer jusqu’à 500 Km² de Cévennes vers Anduze et au delà en provoquant de spectaculaires « gardonnades » sur leur passage.
Après Anduze, le Gardon débouche au pays de la vigne et de l’olivier, bordé de touffes de roseaux et d’osiers, il oblique vers l’Est sous le Château de Tornac, longe les communes de Tornac, Massillargues-Atuech, Lézan, Cardet, Massanes pour rejoindre le Gardon d’Alès en amont de Ners et devenir le « Gard ». Il est encore appelé Gardon par les gens du pays, jusqu’au Pont du Gard



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